Kiwi-anecdotes
Rien de nouveau à l'usine. La saison est maintenant dans son rythme de croisière (et même sur sa fin), avec des semaines de 70h-75h... (on a atteint notre plus gros salaire). Autant dire que l'on a peu de temps pour avoir une vie à côté, donc peu de choses à raconter sur le blog.
Une petite baisse de moral liée à ce rythme effrêné, à la pluie qui se fait de plus en plus présente et à quelques déceptions, a été l'occasion de visionner certaines de vos vidéos enregistrées avant notre départ pour nous redonner le moral si besoin (et aussi on commence à se dire que le temps passe et que tout va si bien qu'on va finir par rentrer en France sans avoir regardé toutes vos vidéos).
Merci Mamie et Grand-Papa pour votre affection (comme vous le savez maintenant, nous trouvons effectivement notre bonheur au pays des kiwis), merci Mamie pour tes petits mots tendres (nous allons tâcher de trouver de bonnes raisons de vous réunir à notre retour), merci Marie-Christine pour ta belle voix (la réponse est : non, les kiwis ne chantent pas... enfin tout dépend desquels on parle !), merci papa pour le picard (on en regrettrait presque d'avoir quitté la France), merci Emilie Gaëtan et Manon pour toutes les fêtes souhaitées à l'avance (oui l'herbe est bien sûr plus verte ici... au sens propre comme au figuré !), merci Jean-Claude et Joëlle de nous avoir fait découvrir vos merveilleux talents d'acteurs (bon alors puisque vous devez venir nous voir, on vous attend !), merci aux potes qui s'y sont repris à 3 fois pour s'enregistrer (Cédric on t'aime aussi, Bertrand heureusement qu'on n'était pas déprimés - toujours le même humour décalé... -, Fabrice ça fait pas sérieux). Merci à tous de nous avoir mis du beaume au coeur et fait rire pour reprendre de plus belle notre rythme infernal !
Quelques anecdotes - en vrac - sur notre vie à la "packhouse" (usine de conditionnement) :
Côté paie, Isa vient de réaliser que la dernière fois qu'elle a été payée aussi peu... c'est lors de ses premiers babysitting ! Bon, on arrive quand même à se faire l'équivalent d'un SMIC français hebdomadaire... en bossant 2 fois plus ! En général, nous passons 2 fois plus de temps à travailler qu'à dormir !
Dans la journée, on a toujours l'impression de courrir, avec des repas pris en 1/4 h midi et soir. Mais on a toujours un petit carré de chocolat pour nous booster avant de repartir bosser (merci Serge et Noelle). Aux pauses (matin, aprem, soir), nous avons droit à des gâteaux faits maison. La cuisinière ressemble curieusement à la grand-mère de Cyril mais elle parle anglais... c'est sa "mamie du bout du monde" !
Le problème avec ces pauses rapides à répétition, c'est qu'à ce rythme notre estomac est habitué à recevoir de la nourriture toutes les 2 heures, et en nous couchant à 23h30 nous crevons de faim ! Nous sentons que nos organismes sont perturbés par ces rythmes décalés, pour les repas comme pour le sommeil. Parfois on ne sait plus du tout à quel moment de la journée on est ! D'ailleurs Isa a été un peu malade suite à un coup de froid, et son organisme n'a réussi à récupérer qu'après avoir "séché le boulot" et fait une bonne nuit de 12h !! Du coup, tout le monde a été aux petits soins pour elle, que ce soit au boulot pour qu'elle ne se fatigue pas, ou aux pauses tout le monde lui apportait cartes de rétablissement, tisanes fortifiantes, mécidaments variés et autres nourritures énergisantes !
Côté jours "off" = sans travail, du moins officiellement...
Et oui, même si la packhouse ne tourne pas et que chacun
est invité à rester chez soi, quelques jeunes motivés sont invités à donner un coup de main pour faire le ménage, refaire des palettes...
Et dans ce cas, même le big boss met la main à la pâte ! Ainsi, Isa s'est retrouvée un matin à se trémousser à 4 pattes / plat ventre par terre avec Bruce "le big boss" pour nettoyer sous les machines (c'est-à-dire sous 60 cm de hauteur avec des barres en travers pour compliquer le parcours).
Une autre fois, il fallait retirer des étiquettes mises par erreur sur les cartons, mais sans abîmer les cartons... la technique : chauffer les étiquettes. Et on s'est ainsi retrouvés avec notre sèche-cheveux en train de chauffer les boîtes de kiwis !
Dernier boulot rigolo en date : à 2 à plat ventre sur une planche à roulette, on gratte toutes les étiquettes collées par erreur un peu partout sur la machine...
Le dimanche est souvent chômé, et c'est l'occasion d'excursions originales... mais nous vous le raconterons une autre fois ;-)


Côté postes de travail, il y en a quand même quelques insolites... Une personne passe sa journée à prendre des boîtes de kiwis au hasard et à en compter le nombre pour vérifier que ça correspond au décompte théorique (entre 52 et 128 suivant les tailles). Un autre passe sa journée à solidifier avec du câble costaud les palettes remplies : il ne parle à personne, ne fait jamais rien d'autre. Un autre passe son temps à vider les poubelles du côté de l'empaquetage, puis balayer du côté du tri des kiwis, puis vider les poubelles... etc en boucle ! Un autre encore vérifie la machine qui dépose une petite étiquette sur chaque fruit : son seul rôle est de remplacer les rouleaux quand ils sont terminés et les nettoyer avec un jet d'air. Il y a également une personne qui passe son temps à se balader entre les palettes pour vérifier si elles sont "jolies", sinon le client risque de les refuser !
Grâce à l'ensemble des acteurs de l'usine, nous avons depuis le 25 mars empaqueté plus d'un million de boîtes de kiwis (qui contiennent entre 22 et 128 kiwis) !
On voit beaucoup de kiwis, mais on en mange peu... On n'a pas vérifié si les vitamines donnent la pêche, par contre respirer des poils de kiwis toute la journée fait éternuer... Et on a beau faire attention - on vous passera les détails - on n'arrive pas toujours à éviter les kiwis...
Voilà pour vous donner un petit aperçu anecdotique de notre quotidien.
En même temps, on essaie de récupérer plusieurs images et vidéos pour vous présenter notre lieu de vie et de travail. Mais nous n'avons pas le temps de les retraiter. Nous compilerons tout cela un peu plus tard, patience !
Info "du jour" : Nous allons bientôt quitter Satara, dernière chance pour nous envoyer une lettre : demain lundi dernier délai ! Ensuite ce sera à la montagne...
Dernière chose : nous recevons et lisons toujours avec grand plaisir vos mails (et vos commentaires), meme si les réponses se font attendre :-)