L'envers du décor...
...ou comment avoir honte d'être étranger (français)
Déjà 1 mois et demi que nous travaillons à la packhouse (usine de conditionnement) et le travail à la chaîne commence un peu à nous taper sur le système. Ce n'est pas tant le coté répétirépétirépétirépétitif qui nous fatigue mais plutôt le comportement de certains... certains qui sont étrangers pour la majorité (écrasante).
Pour le travail à la chaîne en soit, à part le fait qu'on commence à trouver le temps long - on a passé la phase découverte ! - tout roule (surtout les kiwis). En général, on est affecté au rôle de "packer" ("emballeur" : son rôle est de placer les kiwis dans les boîtes et les fermer), c'est plutôt sympa. Mais j'ai la malchance d'être souvent appelé en fin de journée en tant que "grader" ("sélectionneur" : son rôle est de trier les bons et les mauvais kiwis, c'est le boulot le plus difficile), ce qui me vaut, après 5h de boulot sous 14 néons a 2.50m de haut, d'être un peu survolté à la sortie de l'usine à 22h30. Vous comprendrez qu'on ait du mal à dormir.
Pour le reste, le comportement de certains nous agace, voir nous donne honte d'être étranger (et oui, ici on n'est pas chez nous même si on se sent comme des poissons dans l'eau). On a remarqué que les Européens et les Îliens de Samoa (toute proche de la NZ) se comportent vraiment différement (pensent différement ?) que les locaux. Les Européens semblent principalement préoccupés par l'argent et en arrivent à des raisonnement absurdes ou égoïstes :
- "Si on travaille pas, on va perdre de l'argent" , on a envie de leur répondre "non tu vas simplement ne pas en gagner !"
- Quand l'usine ne tourne pas (day off) parce qu'il n'y a pas de kiwi, parfois on peut faire un peu de travail de nettoyage : c'est comme ça qu'on se retrouve "presque" entre Européens et on se rend compte que personne ne voulait donner l'info aux autres (moins on est, plus longtemps on travaille, plus on gagne de money $$).
- Aux pauses, tout le monde se retrouve dans le réfectoire et les tablées changent à chaque fois, sauf les Européens qui se retrouvent entre eux et les Îliens qui restent entre eux aussi.
- Les Européens parlent dans leur propre langue la plupart du temps au milieu des autres, alors qu'on essaie de toujours parler anglais pour ne pas nous isoler des gens qui nous entourent (ce qui donne des discussions francoanglaises avec nos chers compatriotes :-).
- Mais le pire, c'est pour le boulot, "moins j'en fais (ou mieux je suis planqué) et mieux je me porte" : quand on travaille à deux sur une ligne, c'est le "bosseur" qui est pénalisé. Ils arrivent même à être "exemptés" d'être "grader" en prétextant d'être malade ou pire en sélectionnant mal les fruits de manière volontaire.
En conclusion, après 5 mois d'immersion au pays des kiwis, on est baigné dans un monde où les gens sont très serviables, accueillants, heureux de partager, et cela contraste grandement avec ces comportements que vous pouvez sûrement apercevoir au quotidien. On se dit qu'il est dommage de faire 18000 kms pour se retrouver avec des "voisins" et de ne pas profiter de la NZ.
Heureusement, il y a d'autres personnes qui sont plaisantes ou nous font rire :
"comment pirate des caraïbes rencontre Bruce tout puissant dans Wayne's world ?"
Bruce est le chef de ligne et surpervise tous les autres sous-chefs, il travaille avec nous dans l'usine et est toujours à l'écoute de ses petits employés. Il a profité d'un matin où on était les seuls à nettoyer pour nous proposer une petite visite de la packhouse, suite à nos nombreuses questions : cool-store (frigo géant), encartonneuse, et la fameuse C.A. (Atmosphère Conditionnée) où une partie des kiwis est mise en sommeil (ils arrêtent de mûrir) en attendant la fin de la saison pour les mettre en boîtes.
Wayne est le "gardien" de la packhouse, il bosse avec nous en journée et s'occupe de l'entretien de la packhouse les jours sans boulot (pour nous ;-). Enfin c'est lui qui ferme l'usine le soir, et parfois il nous met dehors un peu tôt à notre goût, ça dépend de son humeur :-)
Pour finir : LA pirate des Caraïbes (c'est le surnom qu'on lui a donné). Il s'agit en fait d'une Française, qui malgré l'interdiction de l'accueil de rester comme nous pour la nuit (les places sont limitées), gare son van sur le parking la journée, attend que l'usine se vide pour prendre sa douche et la nuit pour garer son van près du nôtre. Ce qui nous paraît le plus extraordinaire, c'est qu'elle n'en sort pas jusqu'au petit matin (elle peut rester jusqu'à 12h) pour retourner sur le parking l'air de rien !
Anecdote sur Isabelle : elle est presque considérée comme une "déesse" par nos amis asiatiques. Elle disparaît, ils crient "Isabelle re-vient" (en anglais bien sûr); elle leur offre de la compote, ils font "OOOoooh, super, merci merci beaucoup"... ils l'ont même prise en photo. De mon coté, en tant que chargé des relations internationales d'Isabelle, j'apprends le taïwanais : bonjour = zao an à prononcer "tsao ane", de rien "pour euh tchi" et merci "tscier tscier". Facile !
PS: Ne vous inquiétez pas, les nuits dans le van ne sont pas trop froides et nous sommes équipés d'un petit chauffage de salle de bain en cas de gelée (on a une rallonge électrique qui part de l'usine et passe à l'extérieur par une fenêtre entrouverte).
Déjà 1 mois et demi que nous travaillons à la packhouse (usine de conditionnement) et le travail à la chaîne commence un peu à nous taper sur le système. Ce n'est pas tant le coté répétirépétirépétirépétitif qui nous fatigue mais plutôt le comportement de certains... certains qui sont étrangers pour la majorité (écrasante).
Pour le travail à la chaîne en soit, à part le fait qu'on commence à trouver le temps long - on a passé la phase découverte ! - tout roule (surtout les kiwis). En général, on est affecté au rôle de "packer" ("emballeur" : son rôle est de placer les kiwis dans les boîtes et les fermer), c'est plutôt sympa. Mais j'ai la malchance d'être souvent appelé en fin de journée en tant que "grader" ("sélectionneur" : son rôle est de trier les bons et les mauvais kiwis, c'est le boulot le plus difficile), ce qui me vaut, après 5h de boulot sous 14 néons a 2.50m de haut, d'être un peu survolté à la sortie de l'usine à 22h30. Vous comprendrez qu'on ait du mal à dormir.
Pour le reste, le comportement de certains nous agace, voir nous donne honte d'être étranger (et oui, ici on n'est pas chez nous même si on se sent comme des poissons dans l'eau). On a remarqué que les Européens et les Îliens de Samoa (toute proche de la NZ) se comportent vraiment différement (pensent différement ?) que les locaux. Les Européens semblent principalement préoccupés par l'argent et en arrivent à des raisonnement absurdes ou égoïstes :
- "Si on travaille pas, on va perdre de l'argent" , on a envie de leur répondre "non tu vas simplement ne pas en gagner !"
- Quand l'usine ne tourne pas (day off) parce qu'il n'y a pas de kiwi, parfois on peut faire un peu de travail de nettoyage : c'est comme ça qu'on se retrouve "presque" entre Européens et on se rend compte que personne ne voulait donner l'info aux autres (moins on est, plus longtemps on travaille, plus on gagne de money $$).
- Aux pauses, tout le monde se retrouve dans le réfectoire et les tablées changent à chaque fois, sauf les Européens qui se retrouvent entre eux et les Îliens qui restent entre eux aussi.
- Les Européens parlent dans leur propre langue la plupart du temps au milieu des autres, alors qu'on essaie de toujours parler anglais pour ne pas nous isoler des gens qui nous entourent (ce qui donne des discussions francoanglaises avec nos chers compatriotes :-).
- Mais le pire, c'est pour le boulot, "moins j'en fais (ou mieux je suis planqué) et mieux je me porte" : quand on travaille à deux sur une ligne, c'est le "bosseur" qui est pénalisé. Ils arrivent même à être "exemptés" d'être "grader" en prétextant d'être malade ou pire en sélectionnant mal les fruits de manière volontaire.
En conclusion, après 5 mois d'immersion au pays des kiwis, on est baigné dans un monde où les gens sont très serviables, accueillants, heureux de partager, et cela contraste grandement avec ces comportements que vous pouvez sûrement apercevoir au quotidien. On se dit qu'il est dommage de faire 18000 kms pour se retrouver avec des "voisins" et de ne pas profiter de la NZ.
Heureusement, il y a d'autres personnes qui sont plaisantes ou nous font rire :
"comment pirate des caraïbes rencontre Bruce tout puissant dans Wayne's world ?"
Bruce est le chef de ligne et surpervise tous les autres sous-chefs, il travaille avec nous dans l'usine et est toujours à l'écoute de ses petits employés. Il a profité d'un matin où on était les seuls à nettoyer pour nous proposer une petite visite de la packhouse, suite à nos nombreuses questions : cool-store (frigo géant), encartonneuse, et la fameuse C.A. (Atmosphère Conditionnée) où une partie des kiwis est mise en sommeil (ils arrêtent de mûrir) en attendant la fin de la saison pour les mettre en boîtes.
Wayne est le "gardien" de la packhouse, il bosse avec nous en journée et s'occupe de l'entretien de la packhouse les jours sans boulot (pour nous ;-). Enfin c'est lui qui ferme l'usine le soir, et parfois il nous met dehors un peu tôt à notre goût, ça dépend de son humeur :-)
Pour finir : LA pirate des Caraïbes (c'est le surnom qu'on lui a donné). Il s'agit en fait d'une Française, qui malgré l'interdiction de l'accueil de rester comme nous pour la nuit (les places sont limitées), gare son van sur le parking la journée, attend que l'usine se vide pour prendre sa douche et la nuit pour garer son van près du nôtre. Ce qui nous paraît le plus extraordinaire, c'est qu'elle n'en sort pas jusqu'au petit matin (elle peut rester jusqu'à 12h) pour retourner sur le parking l'air de rien !
Anecdote sur Isabelle : elle est presque considérée comme une "déesse" par nos amis asiatiques. Elle disparaît, ils crient "Isabelle re-vient" (en anglais bien sûr); elle leur offre de la compote, ils font "OOOoooh, super, merci merci beaucoup"... ils l'ont même prise en photo. De mon coté, en tant que chargé des relations internationales d'Isabelle, j'apprends le taïwanais : bonjour = zao an à prononcer "tsao ane", de rien "pour euh tchi" et merci "tscier tscier". Facile !
PS: Ne vous inquiétez pas, les nuits dans le van ne sont pas trop froides et nous sommes équipés d'un petit chauffage de salle de bain en cas de gelée (on a une rallonge électrique qui part de l'usine et passe à l'extérieur par une fenêtre entrouverte).
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